Posté le 22.09.2007 par theatredelarcenciels
Amis visiteurs, soyez les bienvenus
Vous avez désormais la possibilité de faire connaissance avec un site dédié au théâtre d'art populaire et francophone.
Né officiellement dès le mois de février 2006, le Théâtre de l'Arc en Ciels a pour objectif de faire connaître au grand public des oeuvres réputées classiques tout en défendant les auteurs de langue française.
Nous nous attachons à faire redécouvrir les auteurs du répertoire dit "classique" à un public qui peut être tenté par oublier ces poètes de l'art dramatique et avec eux une manière si particulière de dire le monde. Comment pourrais-je vous transmettre au mieux mon idée ? Voilà, il me semble que deux adjectifs pourraient qualifier heureusement ces dramaturges des siècles passés : la clarté et la profondeur.
Vous le savez, les sentiments et les émotions humaines sont intemporelles. Comme les grandes questions philosophiques ne changent guère non plus.
Alors qu'entendons-nous quand nous tendons l'oreille au milieu du vacarme parfois assourdissant de nos passions ?
Sur le moment, rien, si ce n'est l'écho de plus en plus lointain de la fureur du monde. Et cet écho, dans un premier temps, nous fait regretter ce bruit du monde et sa fureur.
Puis, plus rien. Nous venons de quitter ces terres que nous croyions agréables pour d'autres, inconnues, qui nous promettaient - aux dires de certains - des expériences ineffables et puis voilà. Rien.
Nous aurait-on menti ? Il y a des chances. Alors on s'en va ? Hein ? on s'en va ? Mais... Pourquoi dire en soi-même "on s'en va", si c'est pour rester ?
Enfin, rester où, d'abord ? Où ?! Sommes-nous ?!
Sommes-nous ? Où ? alors ? où suis-je ?
Ah ! là... ça y est... Voilà. C'est un lieu en moi que je ne connais pas. Mais que j'habitais cependant. Oui ! Habiter un lieu sans en avoir conscience. Cela ne vous est-il jamais arrivé ? Vous connaissez, j'imagine, au stade auquel vous en êtes (mais lequel ? je ne vous connais point, vous qui me lisez) au stade "culturel" peut-être, sans doute... Au stade... de foot, de rugby à XIII ou à XV... Enfin au stade des dieux. Vous savez ? les dieux du stade... Curieux domaine en vérité. Charles Dullin disait en s'é-criant : CE SONT LES DIEUX QU'IL NOUS FAUT ! Oui... Les dieux... Alors le stade... Celui où vous en êtes... ce lieu en vous... Là, on le toucherait presque si l'on y prenait garde... ce lieu. C'est l'âme. Bon, si vous voulez y toucher, parce que vous l'avez entr'aperçu et que vous voulez le co-naître, comme cela, intuitivement, ce lieu va vous glisser entre les doigts (métaphore) des sens curieux de votre âme. Ben oui, cette "chose", ce lieu, c'est votre âme. Et c'est encore l'âme qui pousse loin la recherche, enfin qui aimerait... Qui veut se connaître, quoi. Notre âme. Comme Monsieur Jourdain, nous voulons connaître les choses que nous savons déjà mais sans nous en rendre compte, parce que nous les utilisons un peu chaque jour. Par exemple, pourquoi je reste ? Ces exercices à faire, les impressions qui en découlent - oui, parce que le théâtre est aussi fait d'exercices - voilà...
Je crois bien maintenant que je vais rester un peu parmi vous.
Le "vous" auquel l'âme s'adresse, c'est les camarades de travail d'un soir. Et l'on a envie de se retrouver pour la prochaine fois. Sans savoir trop pourquoi. Mais pourquoi ces questions inutiles ? C'est si bon, de partager les exercices qui conduisent à Molière. Et la langue de Molière. Qui dit si bien, si clairement, si profondément les choses avec des mots que l'on ne peut empêcher de sentir vibrer en soi. Les exercices servent à purifier.
Mais on ne dit plus les choses comme ça ! De nos jours...
De nos jours... Comme si les jours étaient nôtres. N'appartiendrions-nous pas plutôt aux jours ? et qui dit que Molière en son temps, parlait comme il écrivait ? Le paysan de Molière, Lucas, par exemple, ne parlait pas comme Molière le fait parler. Oui, j'écris "le fait" parler. Vous m'aurez compris. Molière, comme Marivaux, comme ceux qui les précédèrent, ne parlaient pas comme ils écrivaient. Ils allaient à leurs affaires, utilisant les innombrables expression que leur époque (oui, ça c'est dépassé) mettaient à leur disposition pour qu'ils en usent, comme nous-mêmes faisons, d'ailleurs. Mais lorsqu'ils écrivaient... Là. Ils parlaient par leurs écrits une parole intemporelle.
Et le "chic" de leur langue c'est qu'elle est très claire, très précise. D'une précision qui nous fait un peu peur, de nos jours. Ils économisent les expressions. C'est pour atteindre leur cible. Les caractères mis à nus pour l'un, les masques qui les animent, pour l'autre. Oui, le masque anime. L'apparence n'est point trompeuse quand elle vient d'un coeur se refusant à montrer d'emblée l'or incandescent qui circule dans ses artères. Le masque c'est une manière de dire l'homme. Le masque c'est du feu. On ne peut l'ôter sans détruire le mystère qui l'enfante. Sans porter atteinte à l'âme.
Les "classiques" n'ont pas tout inventé, ils ont remis des mots sur les choses. Et pour mieux vous donner à voir ce que j'entends par là, voici quelques citations d'auteurs :
" Quelques efforts que nous préparions tous,
Ma plus grande espérance, à vrai dire, est en vous. "
Dans Tartuffe, Molière met en scène un couple de jeunes amoureux qui ne font que s'aimer. Que se passe-t-il quand leurs projets sont contrariés ? L'affaire ne dégénère certes pas en fait divers. Non, car Valère, amoureux de Mariane, ne voit que son amour. Quant à Mariane, trop sensible et inexpérimentée de la vie, et par conséquent, proie facile pour son père Orgon, lui-même, sous le coup de l'aveuglement de sa propre religiosité, c'est à grand'peine que Dorine, la petite rusée, va la ramener à la raison, c'est-à-dire à reconnaître, devant son Valère, son amour pantelant, au bord du gouffre.
La beauté de l'expression employée par le personnage Valère tient à sa construction particulière. Avant de préciser ce que j'entends par là, je voudrais m'arrêter un court instant sur le statut du personnage de fiction. En effet, dans le morceau de phrase : "(...) expression employée par le personnage Valère (...)", l'article "de" est volontairement omis, car je pense que l'on peut écrire "le personnage Valère", comme on aurait pu dire, à certaine époque, "le citoyen Valère". Pourquoi les personnages de notre imaginaire dramatique n'acquerraient-ils point le statut de citoyen ?
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Posté le 22.09.2007 par theatredelarcenciels
[FONT=Times][SIZE=7][COLOR=purple]Citoyenneté en question. Petit ou grand personnage ? Petit ou grand rôle ? La question fut souvent traitée avec le sérieux requis : pas de petit rôle au théâtre ! Tout a sa place. Telle est ce que je définirais la citoyenneté du personnage.
Ainsi le fait d'habiter un rôle grandit celui ou celle qui y travaille. L'égalité dont il est ici question ne saurait être réductrice pour l'acteur qui opère un déplacement interne en fonction de l'évolution de l'histoire du personnage (Valère en l'occurrence) qu'il ou elle aura pour mission d'interpréter. La notion d'évolution interne dépend non seulement du texte mais de la richesse intérieure du comédien qui saura créer une vie intérieure du personnage ne dépendant aucunement (ou bien peu) du texte de l'auteur mais de la mémoire affective de l'artiste. Sur une scène de théâtre, ce que le public voit, ce sont des actions, suscitées par le désir. Ces actions entrainent d'autres actions, et chacune d'elle repose sur des liaisons ténues, dont sont chargées les fameux soi-disant "petits rôles".
Dans le
Tartuffe
, les événements aboutiront à des rebondissements successifs menant à la fin inattendue par la logique banale.
Les emportements de Damis, dans la "vie courante", feraient tout basculer dans l'horreur et la pièce s'arrêterait à la fin de son troisième acte.
Cela, Molière l'a très bien vu. Mais comment tenir le public en haleine ? Il faut que les passions exprimées par chacun des personnages soient vraies. Et ressenties comme telles par les acteurs qui les exprimeront.
La problématique serait la suivante : que faire face à un monstre tel que Tartuffe ? Car, nous le voyons bien, ce qui fait la monstruosité de ce faux dévot, c'est bien son pouvoir de séduction sur l'âme d'Orgon. Pour faire face ? Dorine nous en donne la preuve éclatante : LES MOTS ! Près de deux siècles plus tard, Napoléon 1er dira : "Les mots sont tout." Et, en effet, c'est par les mots, que Dorine, progressivement et dans la douleur (!) va enfin ouvrir les yeux de son maître. Elle aura pour cela recours à Elmire, l'épouse respectable, dotée d'un fort sens des réalités, inspiré par son amour tout aussi réel pour son époux sujet à des lubies dangereuses. Elmire n'est point sans nous évoquer Madame Jourdain...
Mais tout cela nous paraîtrait bien commun, sans le style de Molière.
Ce style...
Valère : "Je vois bien que ma vue est pour elle un supplice,
Et sans doute il vaut mieux que je l'en affranchisse."
L'idée principale est rejetée à la fin de chaque vers. On l'attend, ce mot juste "supplice", "affranchisse", porteur de l'idée. Et il vient, sans trop tarder, mais après s'être laissé désirer.
Le registre lexical est élevé, mais point savant. Chacun(e) est à même de suivre ce qui est dit. Toutefois, il y faut de la concentration. Pourquoi ? Parce que Molière ne fait pas parler ses personnages comme on parle tous les jours. Mais à l'époque ? Eh bien, mais même "à l'époque", les gens ne parlaient pas comme Molière écrivait. Cela je l'ai appris en cours de littérature. Autrefois, les gens -y compris les célébrités- n'écrivaient pas comme ils parlaient et, dans "la vie courante", se laissaient aller à des grossièretés qui nous surprendraient beaucoup "de nos jours".
La pureté du style laisse percer la netteté de la pensée. Les gens d'alors ne polissaient pas le langage du quotidien, lui gardant une fonction de défoulement. Une telle fonction est grandement perdue de nos jours où même les plus déchus de nos sociétés tiennent à garder un parler convenable, à peine éloigné de l'écrit, ce qui tend à réduire considérablement l'écart entre l'écrit et l'oral, rendant plus vulnérable les esprits aux entreprises de manipulations politico-commerciales, car tous et toutes, toutes classes sociales confondues, s'attachent à parler convenablement ! L'imaginaire littéraire et poétique repose, de ce fait, sur la création de situations appelées à être sans cesse renouvelées sous peine de devenir obsolètes, c'est-à-dire rattrapées par le quotidien, sous la forme d'un "ordinaire" qui tend à mettre tout au même niveau.
Molière et les "classiques" se tirent de ce piège en soignant leur syntaxe.
Car apprend que soigner ta syntaxe, cela revient à entretenir tes armes, camarade !!!
Pourquoi la grossièreté langagière est-elle si dénigrée ? A cause de la violence contenue dans le sous-entendu des mots.
Autrement dit, si l'on veut que l'ordre social se perpétue, le langage constitue un levier à exploiter. Et c'est chose faite, désormais. Nul n'étant plus du tout sûr et certain de garder son emploi, il vaut mieux plaire au recruteur !... Et chacun(e) s'emploie d'abord à parler un langage bien poli au sens de "bien impersonnel", "bien propre sur soi", pour avoir au moins une chance, si minime fût-elle, de trouver de quoi vivre. Ah, ils sont forts, ces dirigeants !
De quoi trouver un Molière bien intéressant... Eh oui, parce que Molière, à qui s'attaque-t-il ? Aux ma-ni-pu-la-teurs ! Que fait d'autre Tartuffe ? Et Dom Juan ? Les médecins ? Harpagon ? Dorante face à son Monsieur Jourdain ?
Pourquoi un jeune homme d'origine maghrébine, habitant d'une de ces fameuses "cités" mises à l'index médiatique, pourquoi trouverait-il une raison d'exister à travers une oeuvre de Marivaux ? Ecrite dans la langue de Marivaux ? Parce qu'il existe dans cette oeuvre tout un travail sur l'hypocrisie sociale. Marivaux ne parle-t-il pas de masques, interchangeables, de surcroît ? Relisez donc ou allez voir (ou revoir)
Le jeu de l'amour et du hasard
ou encore
L'île des esclaves
. Vous verrez...
Voici qui nous amène tout droit à un autre thème qui m'est également cher : Le théâtre est-il fait pour être lu ou regardé ?
Qui de nous ne s'est posé la question ? Moi ! Eh oui...
Pour moi, la lecture du théâtre, et la vue de ses représentations ne fait qu'un et se complète, même. En lisant le théâtre, on se l'imagine et on se prend à se projeter sur sa scène imaginaire et en le voyant jouer par d'autres, on aimerait jouer à son tour et enrichir sa perception de lectures nouvelles.
Jouer/Jouir/Exister.
Ce qui nous amène à : Quelle manière d'être sur scène ?
Posté le 26.09.2007 par theatredelarcenciels
La question s'est (trop) souvent posée pour que l'on ne s'y attarde pas un peu.
L'être humain qui joue (donc homme ou femme), dispose de trois choses essentielles : son corps, sa voix, son esprit.
Ces trois éléments font partie de la personne qui joue ou apprend à jouer.
La formation tient donc compte de ces trois aspects.
Le corps a sa place avec l'expression corporelle ;
La voix avec le travail de la diction ;
L'esprit par le travail de l'improvisation.
Posté le 05.10.2007 par theatredelarcenciels
Comment est perçue la pratique théâtrale dans les milieux ouvriers ? Quelles représentations mentales du théâtre classique y prévalent ?
Ma rencontre, il y déjà deux ans de cela, d'un responsable de comité de quartier, membre d'une association ouvrière chrétienne, me disait que le "classique", c'est pour les classes aisées, pour ceux que cela intéresse. Seuls les spectacles à vocation "réalistes" seraient susceptibles d'intéresser les classes dominées de la société. Nous le voyons bien : les temps de Jean Vilar sont révolus. Comme, d'ailleurs, on dit bien que "le communisme est mort", n'est-ce pas ? Le constat d'une relégation de l'art dit "classique" vers les "hautes sphères" de la société montre à quel point l'esprit de renoncement à la conquête sociale du bonheur a frappé une classe sociale qui a bien du mal à garder sa conscience de classe. Parce que le projet de Vilar constituait bel et bien un moyen pour accéder à l'égalité. Egalité de savoir mais aussi de plaisir au contact de la culture prétendument "scolaire" avec la bourgeoisie.
Rappelons un fait essentiel : les oeuvres dramatiques n'ont jamais été écrites pour êtres étudiées sur les bancs des écoles, mais pour être jouées sur scène ! Elles s'adressent principalement à des hommes et des femmes qui veulent se distraire en imaginant des situations, mais qui aiment aussi réfléchir à la portée d'une réplique renvoyant à des choses moins "terre à terre" que le simple plaisir "d'en rire". Il faut dire que les pouvoirs ont toujours pris leurs précautions avec l'imaginaire collectif. Seule la période révolutionnaire, à partir de 1789, permit aux troupes de jouer librement des spectacles de leurs choix. Auparavant, seules les troupes ayant l'autorisation du pouvoir royal étaient admises à représenter des oeuvres de grands auteurs ou de "haut niveau intellectuel. Fort heureusement pour nous, Molière avait les autorisations ... Je ne m'attarderait pas sur cet aspect socio-historique des choses. J'aimerais seulement, pour le sujet que j'évoque, donner un aperçu de ce que j'entends entreprendre pour redonner le goût du théâtre à ceux et celles qui en sont écartés d'autant plus efficacement qu'ils croient que ce "dégoût" qu'ils ressentent à l'endroit du théâtre classique ne leur vient que d'eux-mêmes.
Voici donc ce texte que j'avais écrit il y a bientôt deux années, suite précisément à cette rencontre avec le responsable d'un syndicat de quartier.
NECESSITE DE LA PRATIQUE THEATRALE PAR LA CLASSE OUVRIERE
Le corps, la voix, l'esprit. Ce sont les trois outils du théâtre. Les trois outils du comédien mais aussi de l'ouvrier(e).
Par le corps, on peut être dans la peau de quelqu'un d'autre. Cela peut permettre d'envisager des phénomènes inattendus. D'autant que le "quelqu'un d'autre" en question peut très bien être un animal ou un objet. Tout cela reste à expérimenter sur place.
Par la voix, on s'ouvre à des sons nouveaux, que l'on avait pas forcément l'habitude de prononcer.
Par l'esprit, on s'ouvre à des mondes inconnus grâce au rêve. Le théâtre permet de rêver et de faire vivre son rêve sur une scène ou un studio. L'esprit permet également la découverte de textes, qui, formulés par la voix et mis en mouvements par le corps, contribuent à créer ce que l'on appelle le théâtre.
Le plus souvent, chez l'ouvrier(e), c'est le corps qui est mis à contribution. L'esprit et la voix aussi, par l'attention qui peut être demandée pour l'accomplissement d'une tâche précise. Fréquemment, ces tâches sont répétitives. Le théâtre, en tant qu'art, peut apporter un soulagement à ce travail. Idem pour des employé(e)s de bureau ou toute personne désirant aborder l'existence sous une autre dimension.
Le théâtre permet d'expérimenter sur son corps, sa voix, son esprit, des situations nouvelles. Pourquoi le théâtre en particulier ? Un metteur en scène et professeur de théâtre connu affirme que tout le monde pourrait devenir acteur à condition de le vouloir vraiment.
Peut-être certain(e)s d'entre vous ont déjà fait du théâtre et voudraient s'y remettre. Avec notre association, c'est possible. Les horaires n'ont pas changé depuis l'an dernier : C'est le mercredi soir à 20h30 à Bordeaux, salle Quintin-Loucheur.
Peut-être d'autres désireraient-ils faire connaissance avec cet art. Qu'ils n'hésitent plus. Je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions. A bientôt.
Posté le 09.10.2007 par theatredelarcenciels
5 septembre 2006 : premières lectures publiques au café-restaurant : La Concorde à Bordeaux. Lectures de Baudelaire, correspondance de Zola, de poèmes écrits par les lecteurs, etc...
26 avril 2007 : secondes lectures publiques au restaurant : Le Buffalo Grill à Villenave d'Ornon. Lectures de Rétif de la Bretonne, Beaucarne, Sartre...
29 et 30 mai : troisièmes et quatrièmes lectures publiques à la Fête de l'Humanité de Villenave d'Ornon. Lectures d'Aragon, La Fontaine...
29 juin : Première représentation à la salle Quintin-Loucheur de Bordeaux. Nous avons joué : Un extrait de l'Aiglon d'Edmond Rostand
Une saynète de Courteline : Le Gora
Un extrait du Malade imaginaire de Molière
Une lecture publique de poètes contemporains.
5 et 6 octobre 2007 : Prestation de saynètes co-écrites avec la Crama pour le Salon des retraites à l'initiative de la Crama, mettant en scène des situations imaginaires de joyeux retraités qui découvrent leurs droits...
18 décembre 2007 : Cinquièmes lectures publiques au café-restaurant : Le Châteaubriand à Bègles. Lectures de La Fontaine, Apollinaire, rappel de la lutte sociale singulière des tricots Saint-Joseph...
23 février 2008 : Participation à la Nuit des Solidarités organisée par la radio La Clé des ondes. Lecture de textes de La Fontaine et Baudelaire.
22 mars 2008 : Second spectacle théâtral au cours duquel nous avons présenté deux longs extraits de Molière :
Tartuffe et Les Précieuses ridicules.
17 mai : Troisième spectacle théâtral avec la première partie de la soirée consacrée au théâtre proprement dit et la seconde partie axée sur des lectures poétiques d'auteurs du XIX° Siècle ainsi qu'à des créations personnelles de qualité des comédiens de la troupe.
Le Chant du cygne de la gloire, drame d'Eric Barcos ;
Monsieur Badin, saynète de Courteline ;
Les bonnes Occasions, saynète de Courteline ;
L'Ours, saynète de Courteline ;
Les Précieuses ridicules (extrait), farce de Molière.
La seconde partie étant donc consacrée à des lectures poétiques jouées par les acteurs. Essentiellement Baudelaire, Musset et des textes dont les acteurs étaient eux-mêmes les auteurs.
Posté le 15.10.2007 par theatredelarcenciels
Les hommes et leur théâtre : une vieille histoire
Qu’est-ce qui nous attire au théâtre ? En tant que spectateurs, mais aussi en tant que pratiquants de cet art… Quand j’écris « pratiquants », j’entends par là naturellement toute personne qui, par son travail, se met au service du théâtre. Il peut donc aussi bien s’agir des acteurs que des techniciens du spectacle.
Oui, quelle peut donc bien être la particularité de cet univers spécial qui nous attire tous à lui ? Etrange chose en vérité quand on se met à y penser. D’où me vient ce désir ?
Depuis la nuit des temps, les hommes ont cherché à re-présenter les événements importants de leur vie. L’art pictural a servi de support à ces scènes essentielles de la vie qu’étaient la chasse, la célébration de cultes mettant l’homme en contact avec le surnaturel. Mais les peintures rupestres sont plus que de simples témoignages fixant pour l’éternité une scène de chasse, par exemple. Elles témoignent de la nécessité du maintient de la vie. Elles disent plus qu’une simple scène quotidienne en introduisant des éléments symboliques dans leur réalisation. L’art pictural rupestre sublime les éléments naturels pour nous parler de l’éternel combat de l’homme pour la vie. Ces peintures restent fixées sur les murs, comme pour l’éternité.
Il en va de même pour un art tel que celui de la sculpture. Ou de l’architecture. Souvent, des monuments tirés du minéral, restent des millénaires, longtemps après le contexte particulier qui présidait à leur réalisation. Ces trois arts sont conçus pour la durée.
Le théâtre, lui, comme la musique, semblent n’être créés que pour l’éphémère. Une fois la représentation achevée (mais l’est-elle jamais tout à fait ?) les décors sont enlevés, les acteurs et le public s’en vont. Le lieu qui servait au spectacle reste désert… Nulle trace, apparemment, de ce qui, quelques siècles, quelques années, voire quelques instants plus tôt, a enthousiasmé, ou a fait pleurer et trembler des foules entières. Que s’est-il passé ? Pourquoi cette fugacité ? Quelle nécessité peut donc bien pousser des hommes et des femmes à créer de l’instantané promis à l’évanouissement ?
Nous avons vus que chacun des arts cités a une matière qui lui est propre : la peinture aura les corps gras, la sculpture et l’architecture se caractériseront par l’emploi de matières solides tirées du minéral. Bref, des substances qui durent dans le temps, mais ne bougent pas.
Or, le théâtre, ça bouge, tout comme nous autres, humains. Car le théâtre reproduit une idée de nos passions. Il ne les photographie pas mais les transfigure. Depuis la plus haute Antiquité, les hommes vont au théâtre pour voir et donner à voir des situations. C’est-à-dire des faits imaginaires conçus à partir d’événements réels. Ces « faits » mêlent des situations de la vie courante, et de la vie de l’esprit (pensons au théâtre religieux du début du Moyen-Age). Présentés d’une manière percutante, élaborée à l’aide d’une technique spécifique, les situations présentées par les acteurs provoquent le rire ou les larmes. Elles touchent le cœur de l’homme, parce qu’elles sont faites par des hommes. Devant leurs yeux, les spectateurs voient des acteurs qui reproduisent leurs passions en y ajoutant ce « plus » qui les illumine, les fait voir sous un autre jour, parce que débarrassées du poids de réel qui en déforme les contours et nous les montre si souvent sous un aspect sombre comme un ciel de tempête ou fragile comme un feu de joie.
Débarrassées de circonstances qui ne sont que le produit de l’enchaînement inextricable de nos nombreux actes et de leurs conséquences, l’art théâtral va réinventer une série de situations, présentant au public des personnages empêtrés dans un enchaînement inextricable d’actes suivis de leurs inévitables conséquences qui, joués, j’allais écrire « vécus » avec conviction, déclencheront le rire ou les larmes du public. Car ledit public va se reconnaître dans tel ou tel personnage. C’est-à-dire que les situations évoquées en appelleront à la mémoire du spectateur qui aura été témoin ou bien aura vécu des faits réels dans sa propre vie, fort proches de ceux présentés sur la scène, devant lui. Le rire ou les larmes qui suivront vont le soulager d’un poids qui l’oppressait. C’est la fameuse catharsis.
Ainsi, le jeu de l’acteur, est fait, depuis la nuit des temps, depuis les débuts du théâtre, de mouvement.
Nous nous souvenons des anciens acteurs, ou du moins de leur manière de jouer par les traces écrites qui en ont été gardées.
L’écrit. Un gardien de la mémoire inégalable avec les minéraux taillés de la sculpture et de l’architecture. C’est par l’écrit que l’on se souvient.
Les écrits d’Aristophane sont toujours joués et gardent pour nous ce sens de la fête qui est l’âme du théâtre. De nos jours n’appelle-t-on pas le théâtre « spectacle vivant » ?
Quand je vais au théâtre en tant que spectateur, quand j’en joue, quand je monte les décors, je vais vers ce lieu mystérieux.
Nos ancêtres du théâtre occidental n’appelaient-ils pas leurs œuvres des « mystères ? »
Inspirés des Evangiles, le mystère nous renvoyait à nos origines spirituelles.
Plus tard, le théâtre nous parle de nos passions, comme sut le faire si magistralement Molière.
De nos intrigues amoureuses ou de grandes questions métaphysiques, politiques. Aristote n’affirmait-il pas que « l’homme est un animal politique » ?
Shakespeare, Marivaux, Beaumarchais, Octave Mirbeau, Tchekhov, Courteline, Feydeau,
Montherlant, Sartre, Camus, Ionesco, Brecht, Eric Emmanuel Schmidt… Tous ces auteurs déclinent encore les passions de l’âme, comme aurait dit Descartes. Mais ils le font en s’engageant vers ce lieu qui paraît toujours plus inconnu au fur et à mesure que nous l’explorons.
Le théâtre ne serait-ce pas cette petite lumière vers quoi l’on tend ? Cette autre part de nous-mêmes qui nous échappe ? Je suis attiré par cette lueur comme on peut l’être par un lieu magique dont on sait qu’il ne dévoilera jamais tout à fait ses secrets.
Chacun y trouve son bonheur selon sa vocation. Auteur, acteur, technicien ou spectateur. Chacun y trouve son bien.
Cet art se perpétue de siècle en siècle. Ce qui fait l’éternité de cet éphémère. Rien ne l’arrêtera.
Eric Barcos
Posté le 15.10.2007 par theatredelarcenciels
Le Théâtre, reflet de notre temps
Imaginons un sondage quelconque dans un pays imaginaire.
Aimez-vous le théâtre ? Deux alternatives s’offrent à cette question : soit oui : Oui, j’aime le théâtre ! Soit non : Non, je préfère autre chose, le bridge, les échecs, le sport, la pêche à la ligne, etc… Bien sûr, il se trouvera toujours les éternels hésitants pour compléter tout sondage - ou simple question posée à plusieurs – qui se respecte. Maintenant affinons notre questionnement. Si l’on demande : Quel genre de théâtre aimez-vous ? Ah ! Là, on me donne le choix ! se dira le ou la sondé(e). Le genre classique ? Le genre moderne ? La tragédie ? Le Boulevard ? Le contemporain ? Le théâtre de rue ? Peut-être y aura-t-il hésitation. Tout dépend aussi de la CSP de la personne inopinément sollicitée.
Si c’est un cadre (ils pullulent), il vous parlera de la dernière pièce (enregistrée ou non) qu’il a vue avec sa femme (ou l’inverse), il n’y a pas très longtemps et dont il a gardé un excellent souvenir. C’était tel acteur avec telle actrice (ou l’inverse). Ou bien il évoquera telle ou telle manifestation festivalière.
Si c’est un prof (ils aiment qu’on s’intéresse à eux), il vous parlera de tout l’admirable travail d’éveil culturel mis en œuvre au sein de son établissement. Et bien sûr, le théâtre, il aimera ! Tous les styles, avec une préférence pour celui qui a cours au sein de son établissement. Il évoquera aussi un ou plusieurs festivals.
Si c’est un ouvrier (il n’y en a plus, il faut dire : technicien), il préférera le sport ou alors le théâtre de rue.
Idem pour un paysan.
Idem pour un sportif de haut niveau à quelques variations près.
Pour un artiste non acteur, ça dépend, soit il adorera, soit il va détester. Le plus souvent, il aimera, quand même.
Une fois les sondages effectués, invitons donc les personnes qui auront été sollicitées à un spectacle.
Disons Marivaux. Voilà, Marivaux joué par une troupe connue pour ses adaptations contemporaines, adoptant de préférence un look totalement provocateur et violent à la fois (hé il faut que ça bouge !).
Donc voici nos « sondés », prêts à passer l’étape du « spectateur ». Assis sur leurs fauteuils, ils vont voir du théâtre en vrai. La scène est vide. Pas de rideau. Un écran blanc (curieux pour une pièce de Marivaux), des ordinateurs (le mystère s’épaissit), consoles de jeux, etc… Les spectateurs, sondés ou pas, tous pourvus de leur indispensable programme. « Le jeu de l’amour et du hasard » est à l’affiche. La lumière s’éteint. La scène s’éclaire. Tous les objets de notre époque déjà cités, prennent un relief saisissant. De quoi va-t-on parler au juste ? Soudain, un hurlement de sirène ! Les acteurs font leur entrée, ou plutôt, font irruption sur le plateau. On ne saisit pas vraiment ce qu’ils disent bien que la sirène se soit arrêtée de hurler. Il s’agit, apparemment, d’une histoire de famille. Bon vu le sujet on s’en serait douté. Qui « on » ? Les invités, bien sûr ! oui, les cadres, professeurs, étudiants, etc… Mais pour le technicien de surface, le technicien des cuisines, le technicien agricole, etc, tout cela semble absurde. C’est que ces gens n’ont pas été à l’école suffisamment longtemps pour apprendre que, de nos jours, pour représenter une œuvre de l’esprit, point n’est besoin de logique. Non, ça c’est le « classique », qui, comme on sait est « empoussiéré » dans ses pauvres « trois unités » (lieu, action, temps ; règles mises en forme par Boileau). Bon, mais ne peut-on pas sortir de ces règles pour donner plus de champ à l’action, ou au lieu, ou encore au temps ? Oui, là, d’accord !!! Et on peut aboutir aux tragédies de Shakespeare, dont un Hugo s’inspira à fort bon escient. Mais là, dans cette représentation (réelle) donnée dans un pays imaginaire (vous pensez bien « imaginaire », sinon, où irions-nous ?) que deviennent ces notions de temps, lieu, action ? Elles sont confuses. Il est vrai. Si nous avons appris que Dieu tira le monde du Chaos, si tant de récits sur la création du monde convergent, libre à une « troupe de théâtre » de bouleverser ces notions et de tenter de nous donner tant bien que mal, une idée de ce que fut le chaos primitif. Donc on re-crée ! Eh oui ! C’était cela le génie de ces artistes vêtus de cuirs, mode sado-maso, plutôt que XVIII°, cela va de soi ! Quels génies, alors ! se disent, médusés, la plupart des enseignants en lettres d’un lycée qui ont fait déplacer toute leurs classes pour voir si beau spectacle. Quant au texte, basta ! On lit le texte sur un prompteur ! Bien à la vue du public ! Et puis au bout d’un moment – vous l’aurez compris, il ne saurait être ici question « d’actes » - ce doit correspondre au point culminant du « jeu », une comédienne montre brusquement ses fesses ! Voilà, là, c’est génial ! Nos amis prolétaires, d’origine parfois étrangère, à qui on avait appris à rêver sur notre beau pays, se trouvent largement dépassés par les événements. Les autres, exultent, rient, crient leur enthousiasme ! On n’avait jamais rien vu de pareil depuis les jeux des cirques romains, au temps de la fameuse décadence de l’Empire…
La morale de tout ceci ? La scène donne souvent un reflet des mentalités des classes dirigeantes d’une époque. Que veut-on nous dire ? Pourquoi s’en prendre à un patrimoine que d’aucuns voudraient reléguer à un improbable (soyons optimistes !) musée des Arts Derniers. Pourquoi tenter de réduire un des arts les plus grands au rang de dernier des arts ?
Cela ne rejoindrait-il pas, au fond une préoccupation d’ordre, disons-le, plus général, à savoir : pourquoi certains s’acharnent-ils à réduire les langues du monde à une seule, ou du moins à les placer sous la tutelle d’une seule ? Pour cela, tous les moyens sont bons, y compris la valorisation de langues dites « régionales » pour affaiblir la langue qui sert de trait d’union à toute une nation. Dans cette vaste entreprise, les représentants qualifiés de la langue officielle sont convoqués et il n’est certes pas rare de constater de la part d’un élu agrégé de lettres, la « revendication » de la résurgence d’une langue dont plus personne ne se soucie, pour la simple raison que le français a permis la résolution de vieux conflits passés.
J’ai fait ce petit laïus sur la langue, car c’est bien une langue que l’on parle sur scène, fût-elle essentiellement gestuelle…
Et n’oublions jamais qu’une langue, tout langage, procède de nécessités naturelles au départ. La langue est notre véhicule spirituel. Le corps de notre esprit, en quelque sorte. Dès lors que l’on s’attache à réfléchir, par la pratique théâtrale, à la sonorité de chaque mot, de chaque lettre de l’alphabet, on y découvre des mines d’émotions, des pensées en puissance. C’est pourquoi, je reste favorable au maintien de langues dites régionales, mais dans la conscience du cadre de la langue qui les rend possibles. Au théâtre, nous prenons conscience que la langue c’est la vie. Importance du Verbe. Notre théâtre est bel et bien le reflet de notre temps et des passions qui l’agitent. On s’en rend compte dans les spectacles de création, c’est-à-dire, spectacles dont les sujets sont liés à l’actualité. Les périodes de crises politiques, économiques, sociales, sont rendues visibles par de telles créations. Du spectacle de cirque des romains, en passant par Pabst et Bernstein, jusqu’à la mode des « téléréalités », prenant les « acteurs » d’un soir pour des cobayes. Pour quelles expériences à venir ?
Le théâtre n’est nullement monolithique et toutes les troupes ne se comportent heureusement pas d’une façon culturellement suicidaire. Le goût pour la vie, l’envie de vie est au fondement de la création de telles compagnies. Pareil désir est salutaire et doit nous faire croire en l’avenir.
Eric Barcos
Posté le 24.11.2007 par theatredelarcenciels
Après notre interview à la radio bordelaise La clé des Ondes, Sophie, mon assistante aux longs cours et comédienne expérimentée de l'Arc en Ciels, a accepté de révéler aux lecteurs (trices) de notre blog, ses talents de poète.
[FONT=Courier]La Clé des Ondes tourne en ronde monotone,
Le jour elle dédie sur les plus beaux plis de sa lie.
La nuit elle médite et vous édite toutes ses poursuites.
Elle est sûre et non de mauvaise augure.
Elle parjure quoiqu'elle assure.
Elle est mûre et sur ses ondes la terre abjure.
Fiez vous à son intuition sans la moindre discussion ;
La Clé des Ondes c'est le monde.
Popy
Un tantinet tentant
Je tentais tendrement
De tâter cette tendre
Tentation tentante.
Popy
Posté le 29.11.2007 par theatredelarcenciels
Voici notre première photo du spectacle donné le 19 juin dernier à la salle Quintin-Loucheur.
Posté le 29.11.2007 par theatredelarcenciels
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Nous donnerons nos prochaines lectures le 18 décembre 2007 au restaurant Le Châteaubriand situé 89, avenue Salvador Allende, à Bègles. Repas après notre prestation. Venez nombreux !
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[COLOR=red]Le restaurant se trouve à environ 400 mètres sur main droite en venant de la route de Toulouse. L'avenue Salvador Allende est dans le prolongement de l'entrée de l'hôpital militaire Robert Picqué.
Au programme : poésies de Jean de La Fontaine, Apollinaire, ainsi qu'un rappel d'une lutte sociale qui marqua la Gironde pendant dix années : la lutte des ouvrières des Tricots Saint-Joseph pour sauver leur emploi.[COLOR=red]
BIENTOT :
Le 22 mars 2008, nous donnons
Les Précieuses ridicules
et
Tartuffe
sous la forme de larges extraits, à la salle de la Cantonale, à Bordeaux, rue des Nuits, non loin de l'église Sainte-Marie de La Bastide, de l'autre côté de la Garonne.